Il est temps d’affaiblir la fonction publique

Le secteur public, à force d’augmenter sa taille et son pouvoir syndical, mènera le Luxembourg dans un piège. Le refus de toute réforme substantielle, s’associant aux demandes salariales incompréhensibles et une force électorale non négligeable, deviendront un réel souci de dépenses publiques.

La maximisation du budget discrétionnaire

Toute fonction publique cherche constamment à maximiser tout apport de privilège qu’il lui est possible de recevoir, dont l’augmentation salariale, du temps de loisirs, des avantages et privilèges spéciaux. Mais en dehors des privilèges personnels, les fonctionnaires et les employés privés de l’État ont toujours tendance à demander plus de moyens pour aboutir au but de leur mission de service publique. Ceci a un effet démonstratif sur la dépense publique. L’arrivée du nouveau gouvernement, même avec un scénario macro-économique favorable et sous l’effet notamment de la réforme fiscale, n’a pas changé le fait que les dépenses progressent nettement plus vite que les recettes. Tant que ceci provient aussi d’une demande politique qui ne cesse d’augmenter des dépenses luxurieuses (stade de foot, etc.), le taux de frais de fonctionnement, donc la rémunération des salariés et de la consommation intermédiaire, qui tourne constamment autour de 30% des dépenses totales, y contribue nettement plus.

Mais pourquoi donc maximiser le budget du département spécifique si ses capacités sont atteintes, et non pas libérer la demande excédentaire sur le marché libre? À titre d’exemple, la surpopulation de l’Université de Luxembourg n’appellerait pas à une augmentation des capacités de cette dernière, mais ferait signe d’une incitation claire et nette pour le secteur privé d’en proposer des solutions.

Par contre, l’opportunisme de la fonction publique éteint toute atteinte de solution d’une telle sorte pour une simple raison: la maximisation du budget discrétionnaire sauvegarde les privilèges et assure des opportunités d’emploi supérieures. Le même problème se montre en France: il est évident que les professeurs des facultés soutiennent un système généreux de bourses aux études, puisque la renommée de leur position est déterminée par la demande de son service. En court: plus d’étudiants, plus de privilèges et de perspectives de carrière.

Un électorat mené à soutenir les partis pro-dépenses

Ne nous cachons plus la face, la fonction publique détient un pouvoir irresponsablement élevé face au pouvoir politique. Les fonctionnaires publiques et les employés de l’État, donc ceux vivent de l’État de façon directe, représentent bien plus de 10% de l’électorat. Si nous ajoutons les dépendants des aides sociales, les retraités de la fonction publique et les sympathisants et dépendants des fonctionnaires et employés de l’Etat (époux, enfants, etc.), nous nous rendons compte qu’une très large parti de la population est dépendante ou sympathise avec la cause de la fonction publique, et le montre évidemment dans son comportement électoral.

Ainsi, le statut de fonction publique en lui-même apporte le gonflement de sa taille, avec des hommes politiques en absence de courage de contredire le pouvoir syndical qui est la CGFP. Il en dérive que toute ambition politique au Luxembourg a comme condition nécessaire l’acceptation de la sacralité du lobby salariale de ce syndicat.

La monopolisation du service

Toute vraie réforme de la fonction publique, ou même toute privatisation nécessaire, devient compliquée voire impossible avec une telle influence syndicale. La protection contre le licenciement, dont profite la fonction publique, contribue à cet effet.

Tous ceux et celles qui ne font pas partie de ce système de privilégiés doivent se rendre compte que la monopolisation des services par l’État leur coûte chère. En imposant le monopole d’un service (par exemple celui du transport ou de l’enseignement), la fonction publique cache le vrai coût de ce service. Elle est ainsi capable de surcharger le contribuable, de facturer au-delà de leurs coûts marginaux. Dans de multiples secteurs, les Luxembourgeois ne connaissent pas ce qu’est la concurrence et les avantages qu’elle apporte. Ceci explique l’énorme gaspillage de dépenses publiques.

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Affaiblissement et réforme

Le service public au Luxembourg n’est plus au service des citoyens, mais au service de la bureaucratie. Les syndicalistes de la CGFP ont pris le pays en otage et le traitent comme laitière pour leurs demandes salariales. Le débat politique luxembourgeois est marqué que par deux voix: le lobby salarial de Monsieur Wolff et les voix peureuses des hommes politiques.

En France, le candidat à la présidentielle François Fillon a pu remporter la primaire de la Droite et du Centre avec la promesse de réduire de 500 000 les postes dans la fonction publique. Il est temps que des politiciens luxembourgeois montrent le même courage: réduisons, de façon structurée, la taille de la fonction publique, et réformons un système salarial irresponsable.


Cet article a été publié le 11/01/2017 dans le Luxemburger Wort.

Pictures are Creative Commons.

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